Construit en 1971 dans la vallée du Cailly, ancien territoire industriel de la métropole rouennaise, le Parc est un ensemble de logements sociaux emblématique des Trente Glorieuses. Conçu pour répondre à l’urgence de la production de logements, il offre aujourd’hui un patrimoine généreux qu’il s’agit de faire évoluer face aux défis climatiques, sociaux et démographiques.
Le projet interroge la manière de réhabiliter ces grands ensembles sans en effacer les qualités, en conciliant adaptation au changement climatique, amélioration du confort d’habiter et préservation des ressources. À travers cette rénovation, l’enjeu n’est pas seulement de réduire les consommations énergétiques, mais de proposer des logements robustes, flexibles et agréables à vivre, capables d’accompagner les évolutions des modes de vie.
Intitulé Le Parc 2100 – Habiter l’anthropocène, le projet développe une démarche de rénovation fondée sur le soin, la participation et l’adaptabilité. Les habitants sont associés dès les premières phases grâce à un diagnostic partagé croisant expertise technique, récits résidentiels et analyse paysagère. Une permanence architecturale accompagne ensuite le chantier et favorise l’appropriation des transformations, tandis que les espaces communs sont progressivement réactivés pour renforcer les usages collectifs. Plutôt que d’appliquer des solutions standardisées, le projet construit une méthode reproductible qui s’appuie sur les spécificités du site et les savoirs des habitants. Cette approche fait de la réhabilitation un levier de résilience territoriale et de justice sociale, en démontrant que le patrimoine des Trente Glorieuses constitue une ressource essentielle pour imaginer les formes d’habiter de demain.