Située dans la baie du Mont-Saint-Michel, la commune littorale de Genêts est directement confrontée aux effets du changement climatique : montée du niveau de la mer, submersions marines, érosion du trait de côte et multiplication des événements météorologiques extrêmes. Face à ces mutations, notre projet propose de penser la résilience non comme une logique de protection à tout prix, mais comme une capacité d’adaptation du territoire tout en préservant son identité paysagère, patrimoniale et sociale. Plutôt que de figer le village derrière des ouvrages de défense, nous imaginons un « village mouvant », capable d’évoluer progressivement avec son environnement. Cette stratégie s’appuie sur la restauration des paysages naturels (marais, bocage, dunes et cours d’eau), le développement des mobilités douces, la valorisation des ressources locales et le renforcement de la biodiversité afin de faire du paysage le premier levier de résilience.
Au coeur de cette vision, le concept de « surbâtir » propose de transformer progressivement le village en accompagnant le déplacement des constructions les plus exposées vers des secteurs moins vulnérables. Les bâtiments déconstruits deviennent une ressource : leurs matériaux sont réemployés et associés à des filières locales de construction biosourcée, créant une nouvelle économie territoriale. Cette transformation s’accompagne d’une revitalisation du centre-bourg, avec la requalification de la Grande Rue, la création d’une coopérative locale, le développement de nouveaux espaces publics et d’une offre touristique davantage ancrée dans le territoire. Pensé comme un processus collectif et évolutif jusqu’en 2100, le projet associe habitants, élus et acteurs locaux pour faire de l’adaptation climatique une opportunité de renouvellement économique, social et culturel, où le patrimoine, les paysages et les savoir-faire deviennent les moteurs d’un avenir durable.